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"Avis aux amateurs de Littérature Noire"

 
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RRousseau
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MessagePosté le: Ven Déc 29, 2006 8:28 pm    Sujet du message: "Avis aux amateurs de Littérature Noire" Répondre en citant

Un désordre constaté depuis la fin de la guerre froide qui n'a pas accouché d'un monde plus sûr, mais a au contraire fragilisé les équilibres et généré d'autres formes de confrontations. Au traditionnel clivage Est/Ouest s'est substituée une opposition Nord/Sud sur fond de mondialisation et d'échanges inégaux. La toute puissance américaine s'est affirmée et la menace d'un terrorisme planétaire s'est exacerbée. Entre les mains des mafias internationales, les trafics de tout genres se sont généralisés. La dégradation du climat social et les dégâts causés à l'environnement assombrissent les perspectives d'avenir.

Face à ce constat pessimiste, comment réagit la littérature en général et le roman noir en particulier ? Comment l'ancien genre populaire appelé «espionnage», a-t'il évolué ? Quelles réponses l'imaginaire suggère-t'il à cette sombre réalité ?
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urvater13

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MessagePosté le: Ven Déc 29, 2006 11:45 pm    Sujet du message: A côté Répondre en citant

Hi my friend,Wink

C'est mon post qui risque d'être à côté !Cool
A la question que tu poses, je ne trouve pas d'autres réponses qu'une question comme l'histoire du rabbin le raconte. En quoi est-ce différent ?Crying or Very sad
Pour moi, le noir, le sombre réside déjà en totalité ou presque dans les romans de Kafka, dans les poèmes de Baudelaire, dans les nouvelles de Poe... Ou dans des lectures plus spécialisés du type psychologique ou sociologique tel que Survivre de Bettelheim ou le coeur conscient ou alors vraiment très axé comme L'homme aux rats de Freud...
Voltaire aussi dans l'Ingénu ou Montaigne dans les lettres persanes et leurs manières d'utiliser la frivolité et l'ironie pour montrer à quel point les hommes sont mauvais et qu'il est dans leur nature de l'être et qu'il faut faire un effort considérable au final pour s'en garder, participent à la description de la noirceur de l'humanité. Rolling Eyes
Ce qui m'épate le plus est je crois ceci, c'est que l'on en retire rien !Twisted Evil

Exemple :
Dans Science et Vie, à propos de la mort, je lis " Bichat, génial chirurgien" a renverser notre point de vue sur la mort. "La mort, c'est l'ensemble des fonctions qui résistent à la vie".
Bichat était quelqu'un de génial, mais il n'était pas chirurgien ! Il ne l'a jamais été. Il était médecin militaire et dans le civil il a passé sa vie à disséquer les cadavres. Il est mort d'un "empoisonnement cadavérique" ! On ne s'en souvient pas ! Je veux dire que on ne se souvient pas que malgré les demandes successives de reconnaissance auprès des pontes de la chirurgie de l'époque, il ne fut jamais par eux reconnu. Et aujourd'hui, les mêmes pontes, car ce sont les mêmes (rien n'a changé !) ne trouvent rien à redire, évidemment avec le changement de perspective qu'il a permis, à ce qu'on le reconnaisse comme chirurgien génial. Comment le considérait-il à l'époque ? Comme quelqu'un qui n'était pas digne de faire partie de leur petit monde !Mad

C'est précisément cela qui est étonnant. C'est que l'on a beau savoir que les changements les meilleurs surgissent dans les coins les plus inattendus, et que la noirceur de l'humanité est dépeinte chez tous les classiques, l'on est infoutu de le VOIR et de s'en SOUVENIR ! Idea

Ô c'est vrai, c'est noïel !!! Wink

Ar wech all. Laughing
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RRousseau
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MessagePosté le: Dim Déc 31, 2006 4:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

Un écrivains intéressant:

Didier Daeninckx est né en 1949 à Saint-Denis. Il vit encore aujourd’hui tout à côté, à Aubervilliers. Dans ce voyage immobile, dans cet ancrage dans la banlieue populaire parisienne, il y a plus qu’une coïncidence, l’illustration quotidienne d’un des thèmes essentiels de son œuvre : la fidélité exigeante.
En 1982, Didier Daeninckx publie, dans la collection " Le Masque " son premier livre : Mort au premier tour. En 1997, insatisfait de cette inaugurale tentative qui introduisait le héros de nombre de ses futurs romans, l’inspecteur Cadin, il le réécrit entièrement ne conservant que les trois premières phrases. Exigence, fidélité et mémoire : la trilogie au cœur de ses ouvrages.
Le travail sur la mémoire populaire est l’autre grand axe de ses romans. On pense évidemment à Meurtres pour mémoire, l’un des seuls livres français à évoquer la manifestation de dizaines de milliers d’Algériens, le 17 octobre 1961 à Paris, et la sanglante répression policière qui suivit : " Au petit matin, il ne restait plus sur les boulevards que des milliers de chaussures, d’objets, de débris divers qui témoignaient de la violence des affrontements. " La préfecture communiqua le lendemain son bilan, annonçant 3 morts, 64 blessés et 11 538 arrestations. Il y eut en fait plusieurs centaines de tués et de disparus. Dans un autre de ses livres, paru à la " Série noire ", Lumière Noire, Daeninckx fait revivre les honteuses expulsions, dans des charters que l’on cachait soigneusement, de centaines de clandestins maliens. Dans le recueil de nouvelles Main Courante, paru aux éditions Verdier, la lecture assidue et exigeante des plaintes et incidents quotidiens d’un commissariat, la mise à jour des ressorts cachés de ce qu’on nomme communément des faits divers, permettent l’émergence forte des rapports ordinaires des gens d’en bas avec les institutions policières et judiciaires.
Ces exigences morales, que Didier Daeninckx s’applique à respecter tout au long de son œuvre littéraire, guident aussi la conception qu’il se fait de son rôle dans la cité.
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